Éole et pétrole, partie 5

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 5e et dernière partie d’une chronique au brouillon, première partie ici. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus pour rectification ou discussion!)

01-eol.jpg18

Lisibilité : Depuis que j’habite les Îles, j’ai vu et entendu toute sorte d’histoires « énergétiques », légendes rurales à leurs façons. Celle-là, vous la connaissez déjà. Celle-ci est étrange et fascinante. Une énorme éolienne nargue le vent, immobile, sur les dunes de la Cormorandière au bord de la route principale. Il s’agirait d’un projet d’étude de l’Hydro dont la plus grande conclusion serait l’échec de maintenir une productivité minimale en territoire isolé, où il n’y a ni expertise, ni matériel spécialisé pour en assurer le fonctionnement. Ça fait des belles photos souvenir et il y a là de bons bleuets en août. Pancarte: « PRIVÉ Défense de passer »

01-eol.jpg 19

Lisibilité : Celle-ci est vécue couramment. Elle dure invariablement 15 minutes. C’est le temps requis pour changer le bloc d’alimentation à la centrale.* Si ça dure plus longtemps, alors c’est que la situation est grave. Comme en septembre 2005. Une tornade avait arraché une série de poteaux électriques. Et puis il y a l’histoire de la force du vent, justement. L’Île d’Entrée. La plus isolée de l’archipel. Elle a même sa propre centrale. Il vente là-bas aussi. Un parc éolien a été élaboré pour augmenter l’autonomie de l’île et la rendre plus « propre ». Mais on a oublié de consulter la population, fort mécontente d’ailleurs.

*: Cette information mériterait certainement validation…01-eol.jpg 20

Lisibilité : C’est drôle. Quand on veut construire des éoliennes, il faut consulter la population locale, bien sûr, parce que ça fait du bruit et que ça change drôlement le paysage. Mais quand vient le temps de faire de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures, ce n’est pas nécessaire. Ça fait moins de bruit, faut croire. Une autre histoire, celle de la plateforme éolienne en mer. Une idée géniale, du point de vue énergétique et environnemental. Finis, les ravitaillements en mazout pour allumer nos ampoules. Finie, la dépendance énergétique. Et en plus, l’Hydro va pouvoir exporter par câble sous-marin! Un projet emballant, mais pas si simple. En se fiant à l’expérience de la Cormorandière, un système mixte sera probablement nécessaire…01-eol.jpg  21

Lisibilité : Pour l’instant, ce projet suscite des réactions ambivalentes. Localement, ça représente beaucoup de perte d’emploi. « Merde! Il va falloir qu’on change notre système de chauffage? Est-ce qu’il vont le subventionner? Ça devient difficile, de nos jours, d’être écolo… » Allons aux sources, vérifier et comprendre tout ça. À l’écran: « Re: re: Projet BD pétrole: J’ai besoin de ton avis à ce stade-ci. Je t’ai scanné mes réflexions. J’aurais besoin que tu me réfères à… vérifier ce… »

01-eol.jpg22

Et c’est ainsi que, pendant que la marée noire de la Louisiane envahissait les bayous, j’entamai les Chroniques pétrolières.

Publicités

Éole et pétrole, partie 4

Dans l’épisode précédent, je préparais un diaporama sur la marée noire. Il se terminait sur les « Îles vues du ciel, enrubannées d’orange ». Cette vision d’un territoire entier protégé par des estacades évoquait Éolie, terre du dieu du vent, bordée d’une infrangible muraille de bronze. Mais de nos jours, qui gouverne? Éole ou Pétrole?

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 4e partie d’une chronique au brouillon, première partie ici. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus pour rectification ou discussion!)

01-eol.jpg13

Lisibilité : « Bon, en rentrant ce soir, il faut que je continue ça. Je dois ajuster le ton. Je vais ajouter une image à la toute fin pour laisser sur quelque chose de positif. Les gens ne se sentiront-ils pas mal après avoir vu ça? Est-ce bien? Un ciel bleu, tiens. Symbole de fraîcheur, d’espoir et d’universalité. J’ajoute un ciel bleu. »

01-eol.jpg14

Lisibilité : K: « Maman! » M: « Salut Ko! Salut Christophe! » C: « Avion! » J: « Chérie, grosse nouvelle. Le diapo, c’est cancellé. Il a consulté sa gang et ils ne sont pas d’accord de chanter devant un grand écran full écolo. Il était super mal à l’aise. Je lui ai dit que c’était cool, que t’avais pris plaisir à faire tes recherches. » C: « Autobus! » J: « T’as deux billets gratuits pour la chorale vendredi. »

01-eol.jpg15

Lisibilité : Je le savais, dans le fond, que ça ne passerait pas. Il y avait comme une bizarrerie à faire ce boulot. -La veille. « Clic clic » « Ah oui, c’est vrai. » Eh oui, aux Îles on chauffe à l’huile. L’hydroélectricité ne se rend pas en plein golfe. Notre électricité, on doit la produire à même une centrale au mazout.

01-eol.jpg  16

Lisibilité : Quand elle est arrivée aux Îles, bien tard d’ailleurs, plusieurs étaient déjà équipés en électroménagers et ampoules depuis longtemps. Nombreuses sont les familles qui se sont converties au chauffage électrique. Mais ça coûtait cher à Hydro-Québec, qui ne peut pas augmenter ses tarifs comme elle veut. L’Hydro a donc financé la conversion à l’huile, c’est plus rentable de la faire brûler directement chez les gens qu’à la centrale. Ils ont subventionné: l’installation de la fournaise, du système de chauffage, du réservoir à huile; l’entretien de la fournaise et du réservoir; l’huile. -L’avant-veille: « bilibilibili » M: « Allo? » B: « Salut c’est Benoît, est-ce que je peux passer demain pour la fournaise? » M: « Oui, bien sûr! »01-eol.jpg 17

Lisibilité: Alors voilà ma situation, absurde, du 19 mai 2010, journée où la marée noire atteignit la Louisiane. « Voiture-jouet des enfants dehors. » « Camion Irving chez moi. » « Un monsieur qui est dans ma salle de fournaise en train de faire l’entretien préventif gratos. » « Un autre monsieur qui me remplit mon réservoir d’huile à bas prix grâce à l’hydro. » « Gazon frais tondu, au gaz. » « Moi qui prépare le diapo, me renseignant sur les pétrolières et leur magouille, tout en évitant de sélectionner des images de Greenpeace – pour ne pas miner ma crédibilité, quand même – et en naviguant sur le web grâce à l’électricité de la centrale. » « Ma cheminée qui, m’annoncera le gentil monsieur qui vient faire l’entretien préventif gratos, est pourrie. Je dois en remplacer une importante section puisqu’elle est aussi non-réglementaire. Nous sommes chanceux de ne pas avoir passé au feu, nous dira-t-on, et c’est vrai que 1000$ – l’Hydro ne subventionne pas la cheminée – c’est bien peu pour sauver sa famille des flammes. »

Le dernier épisode de Éole et pétrole se trouve ici.

Éole et pétrole, partie 3

Une ligne orange se profile à l’horizon, des fresques abstraites se succèdent à l’écran. De quoi s’agit-il?

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 3e partie d’une chronique au brouillon, première partie ici. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus!)

01-eol.jpg   09

01-eol.jpg10

Lisibilité : « Jusqu’à ce qu’on y voit beaucoup plus clair. »

01-eol.jpg11

Lisibilité : « Et on enchaîne ça avec un zoom out de la marée noire, vue par google.earth, puis un zoom in sur les maritimes, avec mention des projets de forage au large de Terre-Neuve… aussi bien dire au large des Îles-de-la-Madeleine. »

01-eol.jpg12

Lisibilité : « Image finale : nos Îles vues du ciel, enrubannées d’orange. »

Rappelons-nous Ulysse, dans l’Odyssée : «Nous gagnons Éolie (…). C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière». Seraient-ce des estacades? Et si les Îles de la Madeleine devenaient Éolie, plutôt que Pétrolie?

La suite ici.

Éole et pétrole, partie 2

Au printemps 2010, j’entame des recherches graphiques pour bâtir un diaporama sur la catastrophe du golfe, à la demande d’un directeur de chorale. 

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 2e partie d’une version brouillon, première partie ici. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus!)

01-eol.jpg 05

Lisibilité : Miss Papillon: « Salut! C’est moi qui vais faire le diapo. Je voulais discuter avec vous, puisque c’est votre idée. Comment vous voyiez ça? » Réponse: 16 filles et leur lutrin, elles chantent le Stabat Mater de Pergolesic dans la pénombre. Derrière elle un immense écran. Devant, un public non averti. Et sur l’écran, aucun texte, seulement du visuel. Des paysages des Îles, de notre belle nature et …ooops! Une plateforme. La mer, nos plages de sables et …ooops! Un oiseau asphyxié. BUT: Toucher des gens pour les rallier à la demande de moratoire sur les hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent. Durée : 26 minutes. C’est plus long qu’une émission de télé sans les annonces.

01-eol.jpg06

Lisibilité: Miss Papillon: « Comment arriver à projeter quoi que ce soit, pendant 26 minutes, sans emmerder un public? Je veux aider à la cause, pas lui nuire! Comment sensibiliser sans choquer? Est-ce que je fais ça pour les bonnes raisons? Suis-je en rain de vouloir profiter du mouvement pour me faire remarquer? » À l’écran: « Une Île en Louisiane entourée de barrage flottant. »

01-eol.jpg07

Lisibilité : « OK, j’ai trouvé mon idée. Pas d’oiseaux agonisant. D’abord des paysages des Îles. Nos belles Îles-de-la-Madeleine comme on les aime. Ses plages, sa faune, sa flore, ses habitants. »

01-eol.jpg08

Lisibilité : « Et puis, sans s’en apercevoir, on passe de la faune du Saint-Laurent à celle de la Louisiane. Et puis apparaît une ligne orange. S’ensuit de très belles fresques, abstraites. »

À la semaine prochaine!

Éole et pétrole, partie 1

Éole est le dieu des vents. Ulysse accoste chez lui dans l’Odyssée : «Nous gagnons Éolie (…). C’est une île qui flotte : une côte de bronze, infrangible muraille, l’encercle tout entière».

Pour 4e chronique, je vous propose le récit de mon incursion dans le monde du pétrole, par le biais d’une recherche graphique lors de la catastrophe du golfe du Mexique au printemps 2010.

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une version brouillon, le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus!)

01-eol.jpg 01

 

01-eol.jpg02

Lisibilité : Mme G.: « Il y a une expo au Café, ça s’appelle « Offshore? No thanks! » Miss Papillon: « Woah… Super, j’ai moi aussi des pulsions créatrices de ce côté-là… Non non Christophe, pas sur la voiture » Mme G.: « C’est vrai? Dis donc, j’ai justement besoin d’aide. Il y a une chorale bientôt et ils m’ont demandé un diaporama sur la marée noire. On veut faire le parrallèle entre ce qui est arrivé dans le golfe du Mexique et les projets de forages dans le Saint-Laurent. Si ça t’intéresse, je peux te fournir en images et texte et te référer à eux. » Miss Papillon: « Euh… c’est quand?.. Ah, et comment tu voyais ça?.. Intéressant… OK; je veux bien m’en occuper… » Fiston: « Broum Broum Broum »

01-eol.jpg03

Lisibilité : Courriels de Mme G.: « Projet Diapo : Salut! Voici quelques lestures pour débuter .doc .doc .doc .doc » « Salut, voilà les photos: www.flickr.com/groups/gulf_oilspill/pool Faudra penser à mettre le lien! » « Salut… quelques citations… .doc » « Un lien pour comparer la marée noire avec celle des Îles. »

« Le déversement est relativement minuscule comparé à l’océan, très vaste » -Tony Hayward, président BP

01-eol.jpg04

Lisibilité : « Je débute mes recherches. » « 10 espèces à risque en Louisiane » « Star wars en mer! » « L’image choc classique. » Bateaux tentant l’impossible. » « C’est inimaginable. Comment éviter le sensationnalisme? »

Lisez la suite en cliquant ici.