Éole et pétrole, partie 5

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 5e et dernière partie d’une chronique au brouillon, première partie ici. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus pour rectification ou discussion!)

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Lisibilité : Depuis que j’habite les Îles, j’ai vu et entendu toute sorte d’histoires « énergétiques », légendes rurales à leurs façons. Celle-là, vous la connaissez déjà. Celle-ci est étrange et fascinante. Une énorme éolienne nargue le vent, immobile, sur les dunes de la Cormorandière au bord de la route principale. Il s’agirait d’un projet d’étude de l’Hydro dont la plus grande conclusion serait l’échec de maintenir une productivité minimale en territoire isolé, où il n’y a ni expertise, ni matériel spécialisé pour en assurer le fonctionnement. Ça fait des belles photos souvenir et il y a là de bons bleuets en août. Pancarte: « PRIVÉ Défense de passer »

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Lisibilité : Celle-ci est vécue couramment. Elle dure invariablement 15 minutes. C’est le temps requis pour changer le bloc d’alimentation à la centrale.* Si ça dure plus longtemps, alors c’est que la situation est grave. Comme en septembre 2005. Une tornade avait arraché une série de poteaux électriques. Et puis il y a l’histoire de la force du vent, justement. L’Île d’Entrée. La plus isolée de l’archipel. Elle a même sa propre centrale. Il vente là-bas aussi. Un parc éolien a été élaboré pour augmenter l’autonomie de l’île et la rendre plus « propre ». Mais on a oublié de consulter la population, fort mécontente d’ailleurs.

*: Cette information mériterait certainement validation…01-eol.jpg 20

Lisibilité : C’est drôle. Quand on veut construire des éoliennes, il faut consulter la population locale, bien sûr, parce que ça fait du bruit et que ça change drôlement le paysage. Mais quand vient le temps de faire de l’exploration et de l’exploitation d’hydrocarbures, ce n’est pas nécessaire. Ça fait moins de bruit, faut croire. Une autre histoire, celle de la plateforme éolienne en mer. Une idée géniale, du point de vue énergétique et environnemental. Finis, les ravitaillements en mazout pour allumer nos ampoules. Finie, la dépendance énergétique. Et en plus, l’Hydro va pouvoir exporter par câble sous-marin! Un projet emballant, mais pas si simple. En se fiant à l’expérience de la Cormorandière, un système mixte sera probablement nécessaire…01-eol.jpg  21

Lisibilité : Pour l’instant, ce projet suscite des réactions ambivalentes. Localement, ça représente beaucoup de perte d’emploi. « Merde! Il va falloir qu’on change notre système de chauffage? Est-ce qu’il vont le subventionner? Ça devient difficile, de nos jours, d’être écolo… » Allons aux sources, vérifier et comprendre tout ça. À l’écran: « Re: re: Projet BD pétrole: J’ai besoin de ton avis à ce stade-ci. Je t’ai scanné mes réflexions. J’aurais besoin que tu me réfères à… vérifier ce… »

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Et c’est ainsi que, pendant que la marée noire de la Louisiane envahissait les bayous, j’entamai les Chroniques pétrolières.

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Exportateurs de pétrole, partie 4

Dernière partie!

Cette semaine, déboulez de votre chaise en apprenant que nous, Canadiens, en plus de produire bien plus de pétrole qu’on en a besoin, sommes les plus grands consommateurs de pétrole de la planète. 

Ne vous arrachez pas les yeux à lire! Les bulles difficiles à décoder sont transcrites au bas de chaque page ainsi que les données des diagrammes.

(Si vous visitez cette chronique en BD pour la première fois, commencez par le début en cliquant ici!)

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(lisibilité des bulles : Les écolos : « Je me demande si tu es hypocrite ou ignorante… Même en ne consommant pas le pétrole des sables bitumineux, tu es EN CE MOMENT MÊME parmi les plus grands pollueurs de la planète! » Miss Papillon : « Moi!? Un instant. C’est vrai que j’oublie souvent mes sacs réutilisables quand je vais à l’épicerie, et que je conduis une auto à essence (à qui la faute?) pour m’y rendre… Mais j’accomplis des centaines de petits gestes à tous les jours pour ma planète! Je change mes ampoules, je ferme les lumières, je baisse le chauffage, je trie à la source… J’enlève même les petits collants en plastique sur les pelures que je mets au compost. C’est ça, être une des plus grandes pollueuses? »)

« À qui la faute » fait référence à l’échec de commercialisation du moteur-roue d’Hydro-Québec dans les années ’90.

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(lisibilité dernière bulle : Les écolos : « Et rappelle-moi quelle est la population du Canada? »)

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Diagramme : RÉPARTITION DE LA POPULATION MONDIALE : Chine 20% (premier en importance), Inde 17% (2e en importance), États-Unis 4,6%, Canada 0,5%, reste du monde 58%. (Inde = 37 x Canada)

Diagramme : RÉPARTITION DE LA CONSOMMATION MONDIALE DE PÉTROLE : États-Unis 24% (premier en importance), Chine 8% (2e en importance), Inde 3% , Canada 3%, reste du monde 38%. (Inde = Canada)

Diagramme : CONSOMMATION PAR HABITANT : Canada: 24,6 barils/an par Canadien (1er rang), États-Unis: 24 barils/an par Américain (2e rang), Chine: 1,9 baril/an par Chinois, Inde : 0,8 baril/an par Indien.

Ces données sont issues de statistiques de 2009.

(lisibilité bulles de Superclass : « Les États-Unis sont nos plus gros clients… mais entre un Américain et un Canadien, je préfère le Canadien! »)

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(lisibilité bulles : les écolos: « Ce n’est pas toujours facile d’accepter ses défauts. Déjà, d’en prendre connaissance est un grand pas vers l’avant. Maintenant, tu peux commencer à t’améliorer… » Miss Papillon: « Un instant, moi je suis une mère de famille moyenne, recycleuse bénévole de rouleaux de papier de toilette. Je dois brûler de l’essence pour aller porter les enfants à la garderie et brûler du mazout pour m’éclairer, tout ça à cause de notre centrale thermique. »)

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(lisibilité bulles : « Je fais partie des pires Canadiens, et les Canadiens sont les pires au monde. Mais qu’est-ce que je peux y faire? Tu parles d’amélioration, mais ce n’est pas moi qui vais décider d’installer un câble sous-marin entre les Îles et le continent! C’est pas moi qui vais bâtir un réseau de recharge national pour les véhicules tout électriques! C’est pas moi qui vais instaurer le transport collectif en région! Ce n’est pas moi qui vais ériger des monorails électriques interurbains! Pas moi qui vais construire un parc éolien marin! Pas moi qui vais lancer un programme national d’efficacité énergétique! »)

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(lisibilité bulles : Miss Papillon: « Si nos gouvernements décidaient d’électrifier 75% des transports par exemple, et bien on pourrait diminuer notre production de 30%! » « Et S’il instaurait un programme d’efficacité énergétique qui réduirait, admettons, de 20% la consommation résidentielle, commerciale et industrielle, on aurait besoin de 92 000 barils de pétrole de moins par jour! »)

Diagramme : UTILISATION POSSIBLE DU PÉTROLE CANADIEN : Excédent actuel 40% (exportation nette), excédant potentiel dû à l’électrification massive des transports 30%, excédent potentiel dû à efficacité énergétique 4%, consommation résiduelle, commerciale, résidentielle et industrielle 16%, consommation due aux transports non électrifiables 10%. Total de notre consommation réduite : 26%, dégageant un excédent de production de pétrole canadien de 74%.

NB: il y a déjà un temps que ces données ont été digérées, et je m’interroge aujourd’hui sur la part qu’occupe la pétrochimie dans ce diagramme sur l’utilisation du pétrole. Une certaine portion de la tarte ci-haut est probablement à retrancher des excédents, donc, en tenant compte toutefois qu’en pétrochimie aussi le Canada est un exportateur net. 

(lisibilité bulles : Les écolos: « Seulement 60% de la production actuelle suffit à répondre aux besoins du pays… et seulement 26% suffirait si ces stratégies étaient adoptées! »)

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(lisibilité dernière bulle : Superclass: « Pardon, très chers… mais vous ne pouvez pas faire ça. »)

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(lisibilité des bulles en bas : Les écolos : « Le Mexique a quand même su protéger son pétrole, lui! Il ne s’est pas laissé embobiner! » Miss Papillon : « On ne pourrait pas changer une clause ou deux, à ce contrat? »)

Voilà qui complète la dernière partie de la chronique Exportateurs de pétrole. Et puis, croyez-vous que le Canada devrait poursuivre la voie de l’exportation? 

Croyez-vous qu’il est justifié d’importer du pétrole dans l’Est du pays alors que nous sommes des exportateurs nets? Croyez-vous que l’on doive explorer de nouveaux sites à risques élevés comme le golfe du Saint-Laurent pour pallier à la soif des consommateurs du Sud? Et enfin, croyez-vous que l’on doivent poursuivre l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta en sachant que les Canadiens pourraient énergétiquement s’en priver largement?

À la semaine prochaine pour une nouvelle chronique!