Exploration du golfe, partie 1

Il y en a eu, des annonces de forage, aux Îles-de-la-Madeleine. Depuis 3 ans, on nous tient en haleine d’un projet à l’autre, d’une étape à l’autre, de consultation en évaluation et tutti quanti. Résultat: les citoyens se mobilisent et les trous ne sont toujours pas faits.

La semaine prochaine, les Madelinots pourront participer au BAPE sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière. Mon petit doigt me dit qu’on y parlera au moins autant de nappe de pétrole que de nappe phréatique!

Voici donc une entrevue en BD, datant de 2010, au sujet de l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent. Avec du recul, on constate qu’il y avait beaucoup de sensibilisation à faire. Et ce n’est pas fini!

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une première partie d’une chronique au brouillon. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus pour rectification ou discussion!)

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Lisibilité : Écran: « Entrevue sur le moratoire. Si ça t’intéresse: Radio-Canada Régions/Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine « À la Une », 28 mai 2010. » MPapillon: « Enfin! Ça fait la manchette! » Radio: « Au moment où le monde entier constate avec désolation les dégâts dans le golfe du Mexique, la compagnie d’exploitation Corridor Resources confirme qu’elle explorera les fonds sous-marins à moins d’une centaine de kilomètre des Îles-de-la-Madeleine. Effectivement, le président affirme que la recherche de pétrole sur le site de Old Harry va débuter en septembre, soit dans 3 mois. » MPapillon: « Ouch! 3 mois? » Radio: « Grâce à leur permis terre-neuvien, ils vont d’abord procéder aux levées sismiques pour préciser où ils foreront. » MPapillon: « Est-ce qu’on va avoir notre moratoire à temps? » À l’écran: « AUDIO VIDEO RADIO première chaîne, Exploration pétrolière confirmée aux Îles. »

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Lisibilité : Radio: « Ils sont donc en négociation présentement pour trouver une grande compagnie pétrolière qui fera cette opération pour eux. Peut-être même négocient-ils avec BP? » MPapillon: « HEIN? » Radio: « En entrevue, le président de Corridor nous a dit: » Président: « Écoutez, soyez calme. » Radio: « Et il s’est montré très rassurant. » MPapillon: « Me voilà rassurée… » Président-Superclass: « Écoutez, ce ne serait pas du tout comme dans le golfe du Mexique. C’est 4 x moins profond, donc il y a moins de pression et ce serait beaucoup plus sécuritaire. » MPapillon: « PLUS SÉCURITAIRE QUE QUOI? QUE DEEP WATER HORIZON? » Radio: « Évidemment, le président est conscient que beaucoup de gens s’inquiètent, mais il s’est voulu très rassurant, vraiment. » MPapillon: « Mais cessez donc de vouloir nous rassurer! Informez-nous, à la place! »01-eol.jpg 03

Lisibilité : Journaliste: « Entretenons-nous maintenant avec la présidente de l’organisme écologique des Îles-de-la-madeleine. Bonjour Madame. » Présidente: « Bonjour Monsieur! » Journaliste: « Ce que vous appréhendiez se réalise: l’exploration du golfe du Saint-Laurent est lancée. Mais ne voyez-vous pas de différences, entre ce qui est proposé ici et ce qui se passe dans le golfe du Mexique, qui seraient de nature à vous rassurer? »  MPapillon: Ben quoi? Il cherche à rassurer au lieu de faire scandale? Je l’aurais aimé, lui, pendant la grippe H1N1! » Présidente: « À ce stade-ci, les propos rassurants ne nous rassurent plus. » Journaliste: « Ouais, sauf que ce qui arrive, au golfe du Mexique, c’est que c’est terriblement profond, alors que chez vous bla-bla-bla… tandis que ce qui arrive là-bas c’est que bla-bla-bla… Alors, euh, il y a une différence, là! » MPapillon: « Coudonc! Il est en train de lui expliquer – et de justifier – en quoi le déversement est si difficile à arrêter?! C’est quoi cette question à la noix? »01-eol.jpg04

Lisibilité : Présidente: « En effet, chaque histoire de marée noire est différente et fait appel à des problèmes différents. Je ne suis pas une experte, mais il y a plusieurs causes à une marée noire. Un échouement ou un naufrage de bateau. » Équipage: « C’était pas sur la carte ça! » Présidente: « Une défaillance technique. » Équipage: « Voyons, le cadran marche pu! » Présidente: Un tremblement de terre. » Équipage: « Qu’est-ce qui se passe? » Présidente: « Un conflit armé. Une tempête. La négligence. » Équipage: « Hic! » Présidente: « À Terre-Neuve, on a eu une plateforme qui s’est écroulée lors d’une tempête en 1984, faisant 84 victimes. Et puis aux Îles-de-la-Madeleine, on a connu le naufrage du Irving Whale qui a provoqué une marée noire, laissant échapper une énorme quantité de mazout et de BPC. »

Tristes histoires. La semaine prochaine, on poursuivra avec la demande de moratoire dans tout le golfe du Saint-Laurent, pour éviter d’autres histoires comme celles-ci.

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Ça va chauffer! partie 5

Après avoir fait de l’argent avec de l’or noir, la classe sociale la plus riche fait maintenant de l’argent avec de l’argent, lui conférant un méga-pouvoir. Nos processus démocratiques sont-ils menacés par cet empire pétro-financier?

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 5e partie de 5, version brouillon. Cliquez ici pour accéder à la première partie. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité. Vos questions, commentaires et corrections sont les bienvenus!)

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Lisibilité : Miss Papillon: « Le monde du pétrole a généré une nouvelle classe de bourgeoisie, la Superclass! Après avoir fait de l’argent avec l’or noir, la Superclass fait maintenant de l’argrent avec de l’argent. Et avec cet argent, elle achète les différents gouvernements. Elle finance des campagnes électorales et place ainsi ses pions sur l’échiquier étatique. Et à leur tour, ces pions en placent d’autres. » Écriteaux: « WORLD MART, PLANET inc., MEGA Corporation, EARTH COMPANY. »

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Lisibilité : Carbone: « C’est ce que je disais. Nous, on y est pour rien dans vos conneries. C’est à l’humanité à mieux s’organiser. » Miss Papillon: « Mais comment veux-tu qu’on y arrive? La superclass investit des milliards dans la désinformation et l’ingérence politique à travers le monde entier! Les capitalistes ont le beau jeu, dans cette partie. Eux qui prétendaient avoir horreur de « la main de l’État », voilà qu’ils sont devenus le cerveau qui contrôle « la main »! »

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Lisibilité : Superclass: « Mais non, mais non, ce n’est pas de l’ingérence, c’est de la non-indifférence. » Carbone: « D’où il vient celui-là? » Miss Papillon: « T’occupes pas de lui. Il ne vient pas juste d’arriver. Il est toujours là, partout. » Carbone: « Mais il joue avec tes pions? De quoi il se mêle? » Miss Papilon: « C’est Superclass. »

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Lisibilité : Superclass: « Essayez d’y voir plus clair, vous vous perdrez! » Miss Papillon: « C’est pas si compliqué: Superclass est chez lui, ici comme ailleurs! » Carbone: « Moi, j’embarque pas trop dans vos histoires lourdes… »

Schéma : Des chefs d’états entretiennent des « amitiés » avec des familles ultra-riches (ex: famille Desmarais) qui participent au financement électoral. Ces chefs d’états font des nominations dans leurs instances gouvernementales (ex: Hydro-Québec). Or il s’avère que la famille Desmarais est à la présidence de Power Corporation depuis 3 générations et que ses membres siègent sur les conseils d’administration de géants pétroliers et gaziers, lesquels bénéficient évidemment de la privatisation de la filière gaz-pétrole (ex: Gaz de France vs GDF-Suez, scandale d’Anticosti, etc). Les avoirs financiers de l’état sont investis dans des consortiums gaz-pétrole (ex: Investissement Québec chez Pétrolia), lesquels sont favorisés par des politiques énergétiques pro-pétroles des instances gouvernementales (ex:  Hydro-Québec sous le règne d’André Caillé – lequel évoluera ultérieurement comme porte-parole de l’association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) et qui sera remplacé par Lucien Bouchard, celui-là même qui avait nommé André Caillé à la tête d’Hydro-Québec). Devant des entreprises aux reins aussi solides, le public investit lui aussi dans ces actions. Et quand, par exemple, 80% des actions de Gaz Métro sont détenues par le public et les contribuables, un bel avenir est garanti au monde pétrolier et ce, à faible risque financier.

Fin de la 3e chronique.

Et vous, croyez-vous que les politiques énergétiques soient à l’abri de la corruption? Comment favoriser une approche stratégique et impartiale en matière d’énergie alors que les puissants lobby pétroliers semblent s’être déjà immiscés dans l’état?