Exploration du golfe, partie 2

Combien d’histoires tristes se cachent dans l’ombre du pétrole offshore? Combien d’autres surviendront? Parlons un peu de la pertinence de demander un moratoire dans le golfe du Saint-Laurent.

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 2e et dernière partie d’une chronique, version brouillon. Cliquez ici pour accéder à la première partie de Exploration du golfe. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité. Vos questions, commentaires et corrections sont les bienvenus!)

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Lisibilité : Présidente-écolo: « Un des problèmes, c’est qu’on n’arrive pas encore, au niveau technologique, à contenir une marée noire. Tous les experts le disent, même les compagnies pétrolières: on ne recueille pas plus de 10% des déversements! À ce stade-ci, nos gouvernements se doivent d’agir de façon responsable et prudente: ils doivent revoir en profondeur toute l’industrie pétrolière. Le président Obama a décrété un moratoire parce qu’il veut tout revoir: la cadre légal, les technologies, les plans d’intervention, etc. » Obama: « …rompre la dépendance au pétrole… adopter des énergies propres… » Présidente-écolo: « Au Canada aussi un exercice de fond s’impose. Et la seule façon de le faire, et de bien le faire, c’est de décréter nous aussi un moratoire. » Harper: « …sables bitumineux… forage arctique… économie… » Présidente écolo: « Un moratoire, c’est une suspension provisoire. Il ne s’agit pas de se dire pour ou contre un projet, mais d’émettre un temps d’arrêt pour faire le travail de fond. »

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Lisibilité : Journaliste: « Mais la ministre des ressources naturelles a justement lancé des consultations publiques sur ces possibilités d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans quatre grands bassins du Saint-Laurent… » Présidente écolo: « Oui mais ça concerne uniquement le Québec! À quelques kilomètres de là, à Terre-Neuve, une compagnie annonce qu’elle procèdera à l’exploration dès cet automne! Dans ce contexte, les évaluations environnementales stratégiques du Québec deviennent incohérentes. Nous proposons de former une coalition interprovinciale puisque les décisions, comme les impacts, devraient être partagées. » Journaliste: « Oui… le pétrole n’a pas de frontière, il voyage librement sur les eaux… »

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Lisibilité : Présidente-écolo: « À la mer de Beaufort, les autochtones demandent un moratoire. L’office national de l’Énergie se propose d’ailleurs de revoir toutes ses règles et procédures suite à la catastrophe du golfe du Mexique. Le gouvernement canadien et de la Nouvelle-Écosse vient de décider de prolonger le moratoire du Banc Georges jusqu’en 2015. Le ministre d’Environnement Canada a rassuré la Colombie Britanique en maintenant le moratoire en cours là-bas, leurs richesses naturelles étant, selon lui, trop précieuses. Pourquoi ne parle-t-on pas du Saint-Laurent? » Journaliste: « Mouais. »

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Lisibilité : Présidente-écolo à la radio: « On croit que chez nous aussi, il y a des richesses qu’il vaut mieux protéger. On demande au gouvernement d’empâcher ABSOLUMENT tout permis, même à Terre-Neuve, jusqu’à ce que l’exercice de fond soit fait. Vous savez, au niveau légal, aucune consultation publique n’est requise aux stades des levées sismiques et des forages exploratoires. Les populations seront consultées uniquement à la phase d’exploitation. Il y aurait peut-être lieu, là aussi, de faire une révision des procédures… » Jounaliste: « Madame, merci beaucoup. » Présidente-écolo: « Merci monsieur, au plaisir! »

La semaine prochaine, ce sera la dernière et ultime chronique pétrolière. On jasera tondeuse!

Exploration du golfe, partie 1

Il y en a eu, des annonces de forage, aux Îles-de-la-Madeleine. Depuis 3 ans, on nous tient en haleine d’un projet à l’autre, d’une étape à l’autre, de consultation en évaluation et tutti quanti. Résultat: les citoyens se mobilisent et les trous ne sont toujours pas faits.

La semaine prochaine, les Madelinots pourront participer au BAPE sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière. Mon petit doigt me dit qu’on y parlera au moins autant de nappe de pétrole que de nappe phréatique!

Voici donc une entrevue en BD, datant de 2010, au sujet de l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent. Avec du recul, on constate qu’il y avait beaucoup de sensibilisation à faire. Et ce n’est pas fini!

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une première partie d’une chronique au brouillon. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité et vos commentaires sont les bienvenus pour rectification ou discussion!)

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Lisibilité : Écran: « Entrevue sur le moratoire. Si ça t’intéresse: Radio-Canada Régions/Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine « À la Une », 28 mai 2010. » MPapillon: « Enfin! Ça fait la manchette! » Radio: « Au moment où le monde entier constate avec désolation les dégâts dans le golfe du Mexique, la compagnie d’exploitation Corridor Resources confirme qu’elle explorera les fonds sous-marins à moins d’une centaine de kilomètre des Îles-de-la-Madeleine. Effectivement, le président affirme que la recherche de pétrole sur le site de Old Harry va débuter en septembre, soit dans 3 mois. » MPapillon: « Ouch! 3 mois? » Radio: « Grâce à leur permis terre-neuvien, ils vont d’abord procéder aux levées sismiques pour préciser où ils foreront. » MPapillon: « Est-ce qu’on va avoir notre moratoire à temps? » À l’écran: « AUDIO VIDEO RADIO première chaîne, Exploration pétrolière confirmée aux Îles. »

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Lisibilité : Radio: « Ils sont donc en négociation présentement pour trouver une grande compagnie pétrolière qui fera cette opération pour eux. Peut-être même négocient-ils avec BP? » MPapillon: « HEIN? » Radio: « En entrevue, le président de Corridor nous a dit: » Président: « Écoutez, soyez calme. » Radio: « Et il s’est montré très rassurant. » MPapillon: « Me voilà rassurée… » Président-Superclass: « Écoutez, ce ne serait pas du tout comme dans le golfe du Mexique. C’est 4 x moins profond, donc il y a moins de pression et ce serait beaucoup plus sécuritaire. » MPapillon: « PLUS SÉCURITAIRE QUE QUOI? QUE DEEP WATER HORIZON? » Radio: « Évidemment, le président est conscient que beaucoup de gens s’inquiètent, mais il s’est voulu très rassurant, vraiment. » MPapillon: « Mais cessez donc de vouloir nous rassurer! Informez-nous, à la place! »01-eol.jpg 03

Lisibilité : Journaliste: « Entretenons-nous maintenant avec la présidente de l’organisme écologique des Îles-de-la-madeleine. Bonjour Madame. » Présidente: « Bonjour Monsieur! » Journaliste: « Ce que vous appréhendiez se réalise: l’exploration du golfe du Saint-Laurent est lancée. Mais ne voyez-vous pas de différences, entre ce qui est proposé ici et ce qui se passe dans le golfe du Mexique, qui seraient de nature à vous rassurer? »  MPapillon: Ben quoi? Il cherche à rassurer au lieu de faire scandale? Je l’aurais aimé, lui, pendant la grippe H1N1! » Présidente: « À ce stade-ci, les propos rassurants ne nous rassurent plus. » Journaliste: « Ouais, sauf que ce qui arrive, au golfe du Mexique, c’est que c’est terriblement profond, alors que chez vous bla-bla-bla… tandis que ce qui arrive là-bas c’est que bla-bla-bla… Alors, euh, il y a une différence, là! » MPapillon: « Coudonc! Il est en train de lui expliquer – et de justifier – en quoi le déversement est si difficile à arrêter?! C’est quoi cette question à la noix? »01-eol.jpg04

Lisibilité : Présidente: « En effet, chaque histoire de marée noire est différente et fait appel à des problèmes différents. Je ne suis pas une experte, mais il y a plusieurs causes à une marée noire. Un échouement ou un naufrage de bateau. » Équipage: « C’était pas sur la carte ça! » Présidente: « Une défaillance technique. » Équipage: « Voyons, le cadran marche pu! » Présidente: Un tremblement de terre. » Équipage: « Qu’est-ce qui se passe? » Présidente: « Un conflit armé. Une tempête. La négligence. » Équipage: « Hic! » Présidente: « À Terre-Neuve, on a eu une plateforme qui s’est écroulée lors d’une tempête en 1984, faisant 84 victimes. Et puis aux Îles-de-la-Madeleine, on a connu le naufrage du Irving Whale qui a provoqué une marée noire, laissant échapper une énorme quantité de mazout et de BPC. »

Tristes histoires. La semaine prochaine, on poursuivra avec la demande de moratoire dans tout le golfe du Saint-Laurent, pour éviter d’autres histoires comme celles-ci.