Ça va chauffer! partie 3

Où se cache le pétrole dans nos biens de consommation? En fait, il serait plus simple de dire où il n’y en a pas. 

Retrouvons nos amis Carbone et Miss Papillon à ce propos.

(Rappel aux lecteurs : il s’agit d’une 3e partie de 5, version brouillon. Cliquez ici pour accéder à la première partie. Le texte est transcrit au bas de chaque page pour une meilleure lisibilité. Vos questions et commentaires sont les bienvenus!)

01-eol.jpg 09

Lisibilité : Miss Papillon: « Alors pourquoi on parle tant du réchauffement climatique et des gaz à effet de serre si ils ont toujours existé? » Oxygène: « C’est vrai que c’est pas nouveau. » Carbone: « Je vous l’avais dit, on n’y est pour rien, nous autres. Ce que les végétaux, la mer et le sol avait pris de milliers de millénaires à capturer puis à assimiler sous forme de charbon et d’hydrocarbure, une poignée d’homos sapiens l’ont libéré dans l’atmosphère par la combustion fossile et ce, en quelques décennies à peine. » Miss Papillon: « Mais j’y suis pour rien, moi non plus! » Carbone: « Détrompe-toi, tu fais partie du 20% de la population mondiale qui émet 80% des gaz à effet de serre. »

01-eol.jpg10

Lisibilité : Carbone: « Ton shampoing. Ton revitalisant. Ton maquillage. Ton costume de pacotille en plastique. Tes bijoux en plastique. Ton électricité. » Miss Papillon: « J’y suis pour rien, je te dis. » Carbone: « Ton chauffage. Ta crème hydratante. Tous les engrais pour faire pousser ce que tu manges. Ton vernis à ongle. Tes vêtements en polyester. Tes emballages en plastique. Ta tondeuse. Tes condoms. Tes bas de nylon. Tes chaussures en latex. Ta voiture. Tout l’essence que ça prend pour transporter ces biens jusqu’à toi. Et j’en passe! »

01-eol.jpg 11

Lisibilité :  Miss Papillon: « Écoute, il y a une part qui m’appartient, mais elle est très mince. D’abord, je ne savais même pas que mes vêtements étaient faits à base de pétrole, ni le reste. » Carbone: « L’ignorance, tu plaides l’ignorance. Tu n’as pas mieux? » Miss Papillon: « L’ignorance, c’est béton! Les plus grands chefs le savent et ils ne se gênent pas pour l’utiliser! » Carbone: « Bon, ça y est. Elle va tomber dans le discours du complot. » Miss Papillon: « Écoute, c’est vrai. Environ 10%de la production mondiale servirait à alimenter les centrales thermiques pour produire de l’électricité. Et près de 40% serait transformé en produits raffinée. Et le reste? »

01-eol.jpg12

Lisibilité : Miss Papillon: « TRANSPORT! » Carbone: « Ah bon, et ça implique quoi? Que tu aurais dû acheter une voiture qui consomme moins? Génial. » Miss Papillon: « Euh… oui, mais c’est pas mon point. » Carbone: « Quoi alors? » Miss Papillon: « C’est que le monde des affaires a tout avantage à garder l’automobile-sans-pétrole le plus loin possible du consommateur, rien de moins! C’est vrai, c’est écrit sur l’internet. » Sur l’écran: « Who killed the electric car? » Miss Papillon: « Incroyable! »

Note de l’auteure : la pétrochimie est l’acte de transformer le pétrole en produits de consommation. Cette industrie consomme de l’énergie, parfois par combustion de pétrole, et est une source de fuite de gaz. Mais ultimement, la plus grande partie des hydrocarbures de cette industrie n’est pas relâchée sous forme de gaz à effet de serre, les hydrocarbures sont plutôt « assimilés » dans des biens de consommation. Les exemples ci-haut de consommation de pétrole par nos soins quotidiens ne constituent donc pas une source aussi directe d’émission de gaz à effet de serre que la combustion simple (moteur à combustion dans les transports et dans certaines centrales électriques).

La semaine prochaine, on tombera dans un grossier délire complètement paranoïaque sur l’histoire avortée de l’auto électrique. En attendant, visionnez l’excellent documentaire « Who killed the electric car » en  cliquant ici.  Pour la suite de cette chronique en BD, cliquez ici!

Publicités

Exportateurs de pétrole, partie 4

Dernière partie!

Cette semaine, déboulez de votre chaise en apprenant que nous, Canadiens, en plus de produire bien plus de pétrole qu’on en a besoin, sommes les plus grands consommateurs de pétrole de la planète. 

Ne vous arrachez pas les yeux à lire! Les bulles difficiles à décoder sont transcrites au bas de chaque page ainsi que les données des diagrammes.

(Si vous visitez cette chronique en BD pour la première fois, commencez par le début en cliquant ici!)

01-eol.jpg25

(lisibilité des bulles : Les écolos : « Je me demande si tu es hypocrite ou ignorante… Même en ne consommant pas le pétrole des sables bitumineux, tu es EN CE MOMENT MÊME parmi les plus grands pollueurs de la planète! » Miss Papillon : « Moi!? Un instant. C’est vrai que j’oublie souvent mes sacs réutilisables quand je vais à l’épicerie, et que je conduis une auto à essence (à qui la faute?) pour m’y rendre… Mais j’accomplis des centaines de petits gestes à tous les jours pour ma planète! Je change mes ampoules, je ferme les lumières, je baisse le chauffage, je trie à la source… J’enlève même les petits collants en plastique sur les pelures que je mets au compost. C’est ça, être une des plus grandes pollueuses? »)

« À qui la faute » fait référence à l’échec de commercialisation du moteur-roue d’Hydro-Québec dans les années ’90.

01-eol.jpg26

(lisibilité dernière bulle : Les écolos : « Et rappelle-moi quelle est la population du Canada? »)

01-eol.jpg27

Diagramme : RÉPARTITION DE LA POPULATION MONDIALE : Chine 20% (premier en importance), Inde 17% (2e en importance), États-Unis 4,6%, Canada 0,5%, reste du monde 58%. (Inde = 37 x Canada)

Diagramme : RÉPARTITION DE LA CONSOMMATION MONDIALE DE PÉTROLE : États-Unis 24% (premier en importance), Chine 8% (2e en importance), Inde 3% , Canada 3%, reste du monde 38%. (Inde = Canada)

Diagramme : CONSOMMATION PAR HABITANT : Canada: 24,6 barils/an par Canadien (1er rang), États-Unis: 24 barils/an par Américain (2e rang), Chine: 1,9 baril/an par Chinois, Inde : 0,8 baril/an par Indien.

Ces données sont issues de statistiques de 2009.

(lisibilité bulles de Superclass : « Les États-Unis sont nos plus gros clients… mais entre un Américain et un Canadien, je préfère le Canadien! »)

01-eol.jpg28

(lisibilité bulles : les écolos: « Ce n’est pas toujours facile d’accepter ses défauts. Déjà, d’en prendre connaissance est un grand pas vers l’avant. Maintenant, tu peux commencer à t’améliorer… » Miss Papillon: « Un instant, moi je suis une mère de famille moyenne, recycleuse bénévole de rouleaux de papier de toilette. Je dois brûler de l’essence pour aller porter les enfants à la garderie et brûler du mazout pour m’éclairer, tout ça à cause de notre centrale thermique. »)

01-eol.jpg29

(lisibilité bulles : « Je fais partie des pires Canadiens, et les Canadiens sont les pires au monde. Mais qu’est-ce que je peux y faire? Tu parles d’amélioration, mais ce n’est pas moi qui vais décider d’installer un câble sous-marin entre les Îles et le continent! C’est pas moi qui vais bâtir un réseau de recharge national pour les véhicules tout électriques! C’est pas moi qui vais instaurer le transport collectif en région! Ce n’est pas moi qui vais ériger des monorails électriques interurbains! Pas moi qui vais construire un parc éolien marin! Pas moi qui vais lancer un programme national d’efficacité énergétique! »)

01-eol.jpg30

(lisibilité bulles : Miss Papillon: « Si nos gouvernements décidaient d’électrifier 75% des transports par exemple, et bien on pourrait diminuer notre production de 30%! » « Et S’il instaurait un programme d’efficacité énergétique qui réduirait, admettons, de 20% la consommation résidentielle, commerciale et industrielle, on aurait besoin de 92 000 barils de pétrole de moins par jour! »)

Diagramme : UTILISATION POSSIBLE DU PÉTROLE CANADIEN : Excédent actuel 40% (exportation nette), excédant potentiel dû à l’électrification massive des transports 30%, excédent potentiel dû à efficacité énergétique 4%, consommation résiduelle, commerciale, résidentielle et industrielle 16%, consommation due aux transports non électrifiables 10%. Total de notre consommation réduite : 26%, dégageant un excédent de production de pétrole canadien de 74%.

NB: il y a déjà un temps que ces données ont été digérées, et je m’interroge aujourd’hui sur la part qu’occupe la pétrochimie dans ce diagramme sur l’utilisation du pétrole. Une certaine portion de la tarte ci-haut est probablement à retrancher des excédents, donc, en tenant compte toutefois qu’en pétrochimie aussi le Canada est un exportateur net. 

(lisibilité bulles : Les écolos: « Seulement 60% de la production actuelle suffit à répondre aux besoins du pays… et seulement 26% suffirait si ces stratégies étaient adoptées! »)

01-eol.jpg31

(lisibilité dernière bulle : Superclass: « Pardon, très chers… mais vous ne pouvez pas faire ça. »)

01-eol.jpg32

01-eol.jpg33

(lisibilité des bulles en bas : Les écolos : « Le Mexique a quand même su protéger son pétrole, lui! Il ne s’est pas laissé embobiner! » Miss Papillon : « On ne pourrait pas changer une clause ou deux, à ce contrat? »)

Voilà qui complète la dernière partie de la chronique Exportateurs de pétrole. Et puis, croyez-vous que le Canada devrait poursuivre la voie de l’exportation? 

Croyez-vous qu’il est justifié d’importer du pétrole dans l’Est du pays alors que nous sommes des exportateurs nets? Croyez-vous que l’on doive explorer de nouveaux sites à risques élevés comme le golfe du Saint-Laurent pour pallier à la soif des consommateurs du Sud? Et enfin, croyez-vous que l’on doivent poursuivre l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta en sachant que les Canadiens pourraient énergétiquement s’en priver largement?

À la semaine prochaine pour une nouvelle chronique!

Exportateurs de pétrole, partie 1

Extrait d’une bande dessinée sur les enjeux énergétiques réalisée aux Îles-de-la-Madeleine en 2010, pendant le déversement de Deep Water Horizon. Pas le temps de la mettre au propre, sentiment d’urgence à la diffuser malgré l’état brouillon et l’insatisfaction de l’auteure! Fièvre québécoise de l’or noir oblige.

Voici donc les 8 première pages d’une chronique de 33 pages intitulée « Exportateurs de pétrole ». En passant, la petite boule noire est un atome de carbone avec qui je jase dans d’autres sections, la femme-papillon me personnifie et l’homme à cape représente « Superclass », le 1%.

Vos commentaires, nuances et réactions sont les bienvenus.

Bonne lecture et … partagez !   😉

01-eol.jpg01

www.statcan.gc.ca  www.mrnf.gouv.qc.ca

01-eol.jpg02

(lisibilité des diagrammes : SOURCES D’ÉNERGIE CONSOMMÉE AU QUÉBEC : 40% hydroélectricité, 38% pétrole (dont le 2/3 est voué au transport), 13% gaz naturel, charbon 1% et biomasse (bois) 9%. UTILISATION DU PÉTROLE AU QUÉBEC : 68% transport, 6% résidentiel, 13% commercial, 13% industriel.)

01-eol.jpg03

01-eol.jpg04

01-eol.jpg05

(Lisibilité de la dernière case : CONSOMMATION DE PÉTROLE SELON LE MODE DE TRANSPORT: 2% ferroviaire, 5% par bateau, 7% aérien et 85% routier – divisé moitié-moitié entre la marchandise et les voyageurs)

01-eol.jpg06

(le coup de main fait référence à l’échec du développement et de la commercialisation du moteur-roue d’Hydro-Québec)

01-eol.jpg07

(lisibilité de la pancarte : « moratoire »)

01-eol.jpg08

(lisibilité de la pancarte : « À bas les sables bitumineux »)

La suite… ici!